Centrafrique : Inauguration du nouveau siège du ministère des Eaux et Forêts…

whatsapp image 2026 02 27 at 6.48.36 pm

Bangui, 27 février 2026 (LANOCA)  –  La République centrafricaine a franchi une étape importante dans la modernisation de son administration forestière avec l’inauguration officielle d’un bâtiment administratif moderne au ministère des Eaux, Forêts, Pêches et Chasses. La cérémonie, présidée par le Chef de l’État, Faustin Archange Touadéra, a réuni les membres du Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, le corps diplomatique ainsi que plusieurs acteurs du secteur forestier national.

Cette inauguration marque une avancée significative dans le renforcement de la gouvernance environnementale et de la gestion durable des ressources naturelles en République centrafricaine.

Une infrastructure moderne au service de la transparence forestière

Image%2F3062256%2F20260227%2Fob 726e4e Image Siege Minef

Érigé sur une superficie de 1 000 m², le nouveau complexe administratif classé Immeuble à Moyenne Hauteur (IMH) comprend deux étages abritant plus de trente bureaux, une salle de conférence moderne et plusieurs installations techniques destinées à améliorer les conditions de travail des services spécialisés du ministère.

Conçu pour accueillir le Système national de vérification de la légalité du bois, ce bâtiment constitue désormais un centre stratégique pour le suivi, le contrôle et la traçabilité des ressources forestières centrafricaines.

Doté d’équipements technologiques modernes, l’édifice permettra d’assurer la fiabilité des exportations de bois vers les marchés internationaux, notamment européens, tout en renforçant la crédibilité du pays en matière de gestion durable des forêts.

Financé à hauteur de 1,08 million d’euros, cet ouvrage s’inscrit dans un programme global d’un montant de 6,6 millions d’euros financé par l’Union européenne et mis en œuvre avec l’appui technique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour la période 2021-2026.

Un partenariat international au cœur de la réalisation

La cérémonie a été rythmée par trois discours majeurs illustrant la convergence des engagements entre le Gouvernement centrafricain et ses partenaires.

Le représentant de la délégation de l’Union européenne a souligné que cette infrastructure constitue une pierre angulaire de l’Accord de Partenariat Volontaire FLEGT, visant à garantir que le bois exporté vers l’Europe provienne de sources légales et gérées durablement. Selon lui, la lutte contre l’exploitation illégale des forêts représente un enjeu central pour la transparence économique, la protection de l’environnement et le développement inclusif.

Il a également rappelé que la gestion responsable des forêts peut devenir un puissant levier de croissance économique, créateur d’emplois et générateur de revenus pour les populations locales lorsque les mécanismes de contrôle sont efficaces.

La FAO réaffirme son engagement pour une gestion durable

La Représentante pays de la FAO, Dr Labia Irène Ivette Ouoba, a salué une avancée déterminante pour la gouvernance forestière nationale. Elle a insisté sur l’importance stratégique des ressources forestières pour l’économie centrafricaine, les moyens de subsistance des populations et la préservation de l’environnement.

Image%2F3062256%2F20260227%2Fob Fa68ba Image Vehicule

Au-delà de la construction du bâtiment, la FAO a procédé à la remise d’équipements destinés à renforcer les capacités opérationnelles du ministère, notamment :

  • un véhicule tout-terrain supplémentaire pour les opérations de terrain ;
  • quatre drones destinés à la surveillance du couvert forestier et au suivi de la déforestation.

Ces outils permettront d’améliorer le contrôle en temps réel des activités forestières et de renforcer la lutte contre l’exploitation illégale, contribuant ainsi au respect des engagements nationaux et internationaux en matière environnementale.

Une vision nationale portée par des réformes structurelles

Dans son discours, le ministre des Eaux, Forêts, Pêches et Chasses, Flavien Mbata,  a retracé le long processus ayant conduit à cette réalisation, depuis la signature de l’accord de partenariat volontaire entre la République centrafricaine et l’Union européenne en 2011 jusqu’à la relance du programme après la levée des suspensions liées aux crises qu’a connues le pays.

Il a rappelé que la République centrafricaine dispose d’un massif forestier estimé à environ 35 millions d’hectares, représentant un potentiel économique et écologique majeur. Toutefois, l’exploitation illégale, la déforestation et les pressions climatiques constituent des défis importants nécessitant des mécanismes de contrôle renforcés.

Le ministre a mis en avant plusieurs réformes engagées par le gouvernement, notamment :

  • la création d’une cellule de sécurisation du bois centrafricain à l’export ;
  • le renforcement du recouvrement des taxes forestières ;
  • la mise en place d’un système numérique de suivi des exportations ;
  • le recrutement et la formation de nouveaux agents forestiers.

Selon lui, le nouveau bâtiment symbolise la volonté de bâtir une administration moderne, transparente et proche des usagers, capable de faire du secteur forestier un véritable moteur du développement national.

Un symbole de modernisation et d’espoir pour le secteur forestier

Image%2F3062256%2F20260227%2Fob D106e2 Image Fat

Au-delà de son aspect architectural, cette infrastructure incarne une ambition plus large : celle d’un secteur forestier performant, compétitif et respectueux de l’environnement.

Elle traduit également la vision portée par les autorités centrafricaines visant à concilier croissance économique, protection de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des populations dépendantes des ressources forestières.

En inaugurant cet édifice, le Chef de l’État, Faustin Archange Touadera,  a ainsi réaffirmé l’importance stratégique du secteur forestier dans la relance économique du pays et dans la construction d’un modèle de développement durable.

Vers une nouvelle ère de gouvernance forestière

La remise officielle de ce bâtiment ouvre une nouvelle phase dans la mise en œuvre du système centrafricain de vérification de la légalité du bois. Elle devrait faciliter l’accès du bois centrafricain aux marchés internationaux tout en garantissant une exploitation responsable des ressources naturelles.

Plus qu’une simple infrastructure administrative, ce complexe représente désormais un outil stratégique au service de la transparence, de la durabilité environnementale et de la souveraineté économique nationale.

À travers cette réalisation, la République centrafricaine affirme sa volonté de faire de ses forêts non seulement une richesse naturelle, mais aussi un pilier durable du développement au bénéfice des générations présentes et futures

Térence Gavenne

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*